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Esclavage de migrants/Guéguerre contre la Libye : Une tempête dans un verre d’eau ?

Au moment où le gouvernement ivoirien rapatrie quelque 155 migrants illégaux en souffrance en Libye, il faut bien croire qu’il y a encore des dizaines d’autres jeunes désespérés prêts à prendre la route de l’immigration clandestine, si ce n’est déjà fait.

Au moment où l’Union africaine (UA), des Chefs d’Etat et de gouvernement africains particulièrement indignés par le traitement abject infligé aux migrants africains en transit en Libye préparent des réunions sur l’incident, on peut se s’interroger sur ce que feront concrètement ces décideurs pour arrêter le fléau. Eux qui ont laissé tuer le Guide Libyen Mouammar Kadhafi sans bouger le moindre petit doigt ! Et puis, c’est bien connu, les Arabes Blancs ont une aversion congénitale pour leurs compatriotes Noirs traités comme des esclaves là-bas. Les Chefs d’Etat africains vont-ils contraindre ces gens-là à mettre un bémol à une pratique sociale sacralisée depuis la nuit des temps ? Il ne faut pas rêver.
On le voit, il y a des raisons de croire que la levée bouclier générale constatée ces jours-ci contre la Libye et l’immigration clandestine a des chances de finir comme une tempête dans un verre d’eau. Quand le soufflet sera retombé, dans quelques semaines, les mêmes pratiques reprendront de plus belle, si ce n’est déjà fait.

A la vérité, la solution contre la « démangeaison du départ » des jeunes africains vers l’Europe n’est pas en Libye, encore moins dans les ambassades de ce pays. Mais avant tout dans nos mentalités. Témoignant au colloque contre l’immigration clandestine organisé par le Cabinet PKD le 16 novembre dernier à Abidjan, Bamba M., un jeune ex-immigrant clandestin fraichement revenu de sa mésaventure libyenne, témoigne : « Avec 800 000 f CFA, je pouvais bien rester chez moi en Côte d’Ivoire et entreprendre une petite activité. Mais non. Je pensais que l’Eldorado, c’était la Libye, puis l’Europe. Et je suis parti. Vraiment, je regrette». Dans ce cas précis, il serait trop facile de subordonner le départ du jeune homme à des causes économiques. Il s’est laissé aveugler par la fascination qu’exerce le mode de vie européen sur nous tous à cause de la faiblesse de son instruction, l’aliénation culturelle, le manque de la bonne information etc.

L’autre remède contre l’immigration clandestine se trouve au cœur de nos politiques de développement. En Côte d’Ivoire particulièrement, force est de reconnaitre que des efforts sont faits dans ce sens. A preuve, le Ministère de l’éducation nationale expérimente depuis 2013 un projet appelé  Programme Education Financière (PEF). En gros, ce programme apprend aux enfants et aux jeunes comment faire fructifier 1000 f, 20 000f 100 000 f etc. Tous les bailleurs de fonds et les grands patrons ivoiriens le savent, sauf les jeunes prétendus désespérés qui voyagent en Libye avec 800 000 f en poche. D’où la nécessité de vulgariser davantage le PEF.

Par ailleurs, dans ce pays dont le relatif succès économique « repose sur l’agriculture », les paysans, enfants et petits-enfants, sont les parents pauvres du développement. Toutefois, des programmes comme le Projet d’Appui à l’Agriculture en Côte d’Ivoire (PSAC) et le Projet de Renaissance des Infrastructures de Côte d’Ivoire (PRICI) sont en train de corriger progressivement ce paradoxe. Il reste à communiquer davantage sur ces initiatives pour « vendre » l’espoir d’une vie meilleure dans le monde rural où les désespérés se comptent par millions. Si non, les agitations des Chefs d’Etat et des activistes de la société civile contre la Libye et l’immigration clandestine resteront toujours comme un coup d’épée dans l’eau.
A bon entendeur,…

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