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« Jeunes Patrons, si l’argent est votre motivation première, vous échouez ! »

Mme Mariam Dao Gabala, (Senior Manager)

Grande militante pour la promotion de la femme, Mme Mariam Dao Gabala est également un manager chevronné. Et pas seulement ! Perfectionniste à souhait, elle cumule plusieurs années d’expertises dans des organisations financières nationales et internationales. Toute chose qui fait d’elle une voie d’autorité dans les secteurs des finances et de l’entreprenariat.
Madame Gabala, vous êtes Directeur régional Afrique francophone, de l’ONG  Oikocredit, vice-présidente de l’association des Alumni (anciens pensionnaires de MDE Business School). J’en oublie ?
Après 20 ans de fidélité au poste de Directeur régional Afrique francophone de l’ONG  Oikocredit, j’ai décidé d’élargir mon horizon professionnel ! Actuellement je fais beaucoup de choses. Je préside le Conseil d’administration mondial d’une organisation internationale qui travaille dans le développement durable à travers 52 bureaux nationaux et régionaux en Afrique, en Asie  y compris la Chine, en Amérique latine et en Europe. Je préside aussi le comité de suivi du redressement de L’UNACOOPEC-CI, la plus grosse institution de micro-finance du pays ; je suis administrateur de banque au Ghana (Ecobank) ; je donne des conférences au plan international  et national sur le leadership ; je dirige ou participe à des mouvements  de la société civile et religieux.
 
En marge de vos occupations professionnelles propres, vous avez donc une vie associative très dense. Qu’est-ce vous fait tant courir ? L’argent ? Les honneurs ? 
Tout simplement le bonheur de servir les autres et de partager mon expérience pour faire avancer le développement de notre continent. Mon époux trouve que je ne sais pas chercher l’argent (rire). Ma conviction c’est que quand on est excellent, c’est l’argent qui vous poursuit. Et dans ces cas, l’on est plus indépendant, plus ouvert et plus généreux !
 
Presqu’esseulée au milieu des hommes de MDE Business School, vous menez depuis 2003, un combat acharné pour la promotion du Management. Avez-vous le sentiment d’être comprise par les femmes, 13 ans après ? 
Oui ! La relève est prête. Vous savez autrefois, hommes et femmes ne comprenaient pas pourquoi il fallait que les femmes, elles aussi, exercent des fonctions managériales de haut niveau ! Mais depuis ces 5 dernières années, beaucoup d’études (et de très sérieuses) réalisées par de grandes institutions financières très crédibles telle que le FMI, démontrent que les femmes ont des capacités managériales et des sensibilités qui concourent à la pérennité et à la prospérité des entreprises et des organisations. Certaines de ces études montrent même que de par leurs talents, les femmes sont de meilleurs managers en période de crise ! Avant ces études, notre combat restait conceptuel !
 
Pour beaucoup d’Africaines, les pesanteurs sociales sont l’obstacle majeur à leur « émergence ». Comment faites-vous pour passer outre cet obstacle et  réaliser un taux de réussite au-dessus de la moyenne dans tout ce que vous entreprenez en entreprise et hors entreprise?
Le plus gros obstacle c’est l’individu lui-même ; son manque de confiance en lui et surtout son manque de vision et de valeurs ! Les pesanteurs existent certes, comme dans toutes sociétés, mais elles ne sont ni inamovibles ni incontournables. Ce qui me désole, c’est quand devant un obstacle, quel qu’il soit, l’africain baisse les bras et  attend le miracle ou la solution ! Le résultat c’est qu’on ne bouge pas, on piétine ; penser aux pesanteurs comme alibi de nos échecs, c’est être déjà perdant dans la tête !
Il nous faut penser l’émergence,  avoir une vision de ce que nous voulons atteindre et y aller avec conviction et probité.
 
L’on vous a vu faire feu de tout bois pour trouver un financement pour la construction du marché Cocovico à Cocody ; vous soutenez sans réserve des cultivateurs… bref, d’où vous vient cet engagement pour les couches les plus démunies?
De ma conviction que l’émergence ou le développement ne se fera pas par le haut ! Il nous faut entrainer avec nous la majorité de la population, les forces vivent, celles qui font exister et vivre la Côte d’Ivoire. Même si la majorité est illettrée, ils et elles ont un talent fou que nous n’avons pas le droit de négliger.
 
Les PME en Côte d’Ivoire ont depuis toujours sollicité l’appui du gouvernement pour améliorer davantage le climat des affaires. Et ça manque. Voyez-vous une quelconque alternative à suggérer aux PME, pour qu’elles parviennent, elles-mêmes, à assainir cet environnement des affaires?
Savez- vous comment est née la microfinance ? Ce sont les pauvres eux-mêmes qui ont épargné ; ils se sont mis ensemble et ont sollicité l’expertise managériale auprès de certains bailleurs de fonds. Pourquoi les PME ivoiriennes ne créeraient-elles pas une institution financière pour bénéficier de la loi sur les SFD afin de résoudre leurs problèmes ? Le crédit coopératif en France est une coopérative et l’’une des plus grandes banques au Pays-Bas, la RABO Bank,  est une coopérative ! Ce sont là des exemples d’entreprises  qui ont-elles-mêmes amélioré leur environnement de travail ! Pourquoi faut-il toujours attendre l’Etat ? Nos PME ivoiriennes doivent  compter sur elles-mêmes et apprendre à être solidaires.  Par ailleurs si les PME refusaient le chantage de la corruption, ce pays prospèrerait et les entreprises avec.
 
Madame, environ 98% des Start up créées en Côte d’Ivoire meurent avant d’avoir 3ans. Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur en plein amorçage pour éviter une telle mésaventure?
Eviter de créer avec uniquement du crédit ! Ne soyez pas pressé. Apprenez à connaitre l’argent et à le faire fructifier. Respectez vos engagements. Ne commencez pas trop grand. Sachez que même le plus grand voyage commence toujours par un premier pas ! J’ai envie d’ajouter quelque chose qui ne va certainement pas plaire mais c’est une réalité et une conclusion de mes années d’encadrement des PME : si l’argent est votre motivation première vous allez lamentablement échouer !
 
L’on connaissait les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Aujourd’hui, le gouvernement promeut officiellement l’économie numérique. Selon vous en quoi l’économie numérique peut-elle impacter positivement l’activité des PME en Côte d’Ivoire ?
L’impact est grand ; c’est un nouveau marché que le gouvernement offre aux entreprises. Le numérique peut permettre de réduire les charges d’Opération tout en atteignant le maximum de personnes. Le numérique peut aussi susciter l’innovation ! Pour que cela soit vraiment un avantage pour les PME et la population, il faut baisser le coût de la connexion internet, améliorer le débit et la couverture. Le coût de la connexion en Côte d’Ivoire reste trop élevé, contrairement aux autres pays, alors que le taux de pénétration est excellent. Devant ce marché captif, les opérateurs doivent accepter de faciliter la venue de cette économie numérique ; c’est tout à leur avantage
 
MDE Business School, Conseil d’administration, Conférences … Vos diverses et exigeantes activités professionnelles et associatives ne risquent-elles pas de porter ombrage à la vie de famille et de la mère que vous êtes ?
J’ai 5 garçons épanouis, j’ai un époux adorable !  Je crois que je ne réussis que parce que j’ai leur soutien et leurs encouragements !
 
Madame, que faut-il vous souhaiter pour la suite de votre carrière?
Que me souhaiter ? Être la milliardaire qui aime et s’appuie sur Dieu et qui suscite d’autres milliardaires pour l’émergence durable de ce pays. 
 

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